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Corrèze

Haute-Vienne 

SYNTHESE DES RESULTATS DE L’OBSERVATOIRE DES FAMILLES DE LA CORREZE

Nous présentons ci-dessous une synthèse des réponses faites aux 42 questions de la première enquête. Ces résultats sont regroupés en 6 thèmes: les valeurs de la famille, la vie sociale, la politique familiale, la santé, le logement et le budget familial.

  • Des Familles fondées sur des valeurs relationnelles plus qu'institutionnelles

Les familles corréziennes placent à la base de la famille "un couple uni", "l'amour", "une bonne communication", "les enfants", "la confiance" et "le mariage" (graphique 1). Les principaux critères de réussite dans la vie sont : "avoir des enfants heureux et équilibrés" et "avoir un couple uni".

La famille décrite est d'abord la cellule familiale où la qualité des relations joue un rôle essentiel. L'institution du mariage n'est citée qu'en 6e position.

L'analyse de réponses concernant la transmission des valeurs (graphique 2) fait apparaître une évolution sensible. Deux valeurs sont dominantes parmi les valeurs reçues des parents : l'honnêteté et le travail. Ces deux valeurs baissent nettement lorsque l'on considère les valeurs transmises aux enfants. En revanche, la tolérance et la solidarité progressent de façon sensible.

Au-delà de la cellule familiale, les grands-parents jouent un rôle important (graphique 3) : pour 61 % des familles interrogées, petits-enfants et grands-parents ont un contact au moins une fois par semaine, par téléphone, par courrier, ou par une rencontre.

Ce lien entre petits-enfants et grands-parents est d'autant plus important que le rôle assigné en priorité à ces derniers est de donner de l'affection et de transmettre des valeurs morales.

L'importance donnée à ces liens apparaît dans le mode de garde des enfants qui privilégie en majorité la famille proche.

Dans le domaine éducatif, les rythmes scolaires sont mieux appréciés en maternelle et en école élémentaire, que dans le secondaire. Les vacances sont prises assez inégalement : 28% ne "partent" jamais en vacances, mais ils sont un peu plus nombreux en zone rurale à ne pas "partir" en vacances.

  • Une vie associative importante mais insuffisamment prise en compte par les pouvoirs publics.

64 % des ménages corréziens adhèrent à au moins une association (graphique 4). Ce sont les associations œuvrant dans le domaine culturel qui ont le plus d'adhérents, suivies par les associations sociales et sportives. 11,5 % des ménages interrogés adhèrent à une association familiale. L'adhésion à une association familiale est plus prononcée dans le secteur rural (1 6 %) que dans le secteur urbain   (7 %).

L'engagement dans la vie municipale ne concerne que 11,5 % des ménages interrogés.

Deux rôles principaux sont attribués aux associations permettre des rencontres et développer la solidarité. "Engager des actions" a été classé en troisième position.

De façon massive, les ménages estiment que les pouvoirs publics ne prennent pas "suffisamment" en compte (58 ou "pas du tout en compte" (1 5 %) les actions menées par les associations.

La majorité des ménages estiment être "peu" ou "moyennement" informés en matière de droits civiques, sociaux, de consommateurs et patrimoniaux (tableau 1). Ces degrés de jugement laissent transparaître un sentiment de manque; s'agit-il de l'information elle-même ou d'un manque de clarté dans la définition de chacun de ces droits ?

Tableau 1 : ETES-VOUS SUFFISAMMENT INFORMÉ DE VOS DROITS ?

  Pas informé Peu informé Moyennement informé Informé
Droits civiques 8% 35% 30% 28%
Droits sociaux 9% 35% 36% 20%
Droits consommateurs 12% 33% 40% 15%
Droits patrimoniaux 17% 42% 26% 16%
  • Une politique sociale appréciée avec cependant des attentes dans les domaines de la santé et de la famille

Les Allocations Familiales et les aides au logement sont les prestations sociales les mieux jugées par les ménages corréziens (tableau 2): 53 % et 44 % jugent ces mesures "assez satisfaisantes voire satisfaisantes" ou "très satisfaisantes".

Le nombre des ménages sans opinion en ce qui concerne les autres aides est à prendre en compte dans l'appréciation des observations faites : en effet si 1 8 % sont "peu satisfaits", et 16 % "pas du tout" satisfaits du R.M.I., 28 % sont sans opinion. De même, si 27 % sont "peu" ou "pas du tout" satisfaits de l'allocation parent isolé, et 21 % pour l'allocation adulte handicapé , 43 % et 46 % sont sans opinion sur ces mesures. Les ménages sans opinion le sont-ils parce qu'ils ne connaissent pas ces allocations ou bien parce qu'ils ne sont pas concernés ?

Tableau 2 : LE SYSTEME ACTUEL DES PRESTATIONS VOUS PARAIT ?

 

Très
satisfaisant

Assez
voire satisfaisant

Peu
satisfaisant

Pas du tout
satisfaisant

Sans
opinion

Allocations Familiales

11%

42%

22%

10%

15%

RMI

9%

29%

18%

16%

28%

Allocation Adulte Handicapé

6%

27%

14%

7%

46%

Allocation Parent Isolé

8%

22%

19%

8%

43%

Aides au logement

10%

34%

25%

11%

20%

Mises à part les dépenses sociales concernant le chômage, les priorités attendues sont données en premier à la maladie puis à la famille. Ces attentes sont confirmées dans un cadre plus large où la santé revient en tête des préoccupations des familles avec la formation et l'emploi puis l'enseignement.

Concrètement, quelles mesures sont souhaitées pour aider efficacement les familles ? Une augmentation des aides directes est citée

(34 %) mais aussi un encouragement à la formation et à l'emploi (17 %) et la mise en œuvre d'un véritable statut du parent au foyer

(14 %) lui assurant des compensations favorisant ce choix.

  • Une bonne couverture sociale de la santé mais des lacunes dans l'égalité d'accès aux soins et à l'information

Une grande majorité des ménages corréziens estiment avoir une bonne voire très bonne couverture sociale (72 %), presque tous ont une mutuelle complémentaire (93 %) et font appel à un médecin de famille (92 %); toutefois, ils sont autant à considérer que l'accès aux soins n'est pas le même pour tous (82 %) !

D'une manière générale, l'information sur les "fléaux" actuels semble assez bien passer (plus de 70 % le disent) pour le cancer, le sida, la toxicomanie, l'alcoolisme et le tabagisme, encore que pour ces trois derniers, 47 % des familles ne savent pas "du tout" où s'adresser. Par contre, le suicide laisse désemparées 42 % des familles qui ne savent pas où s'adresser dans ce cas.

 Quels vecteurs utiliser pour améliorer l'information des familles ? 31 % des ménages ont fait des suggestions très diverses (média, écoles, réunions, numéro vert ... )

  •  Les ménages sont dans l'ensemble satisfaits de leurs logements

La majorité (74 %) des ménages interrogés est propriétaire d'une maison individuelle et 24 % sont locataires soit en immeuble collectif (15 %) soit en logement individuel (85 %). Les propriétaires sont plus nombreux en milieu rural (84 %) qu'en milieu urbain (63 %).

Une large majorité (89 %) est satisfaite du logement qu'elle occupe. Les insatisfaits évoquent les raisons suivantes : taille inadaptée du logement, manque de confort, problèmes de voisinage, image du quartier ou de la commune, manque d'espaces verts, éloignement des services publics.

18 % des ménages souhaiteraient changer de logement mais ne le font pas pour des raisons d'abord budgétaires ou parce qu'ils ne trouvent pas d'autre logement. Le souhait de changer de logement est plus fréquent en milieu urbain (23 %) qu'en milieu rural (13 %).

Le principal élément économique qui a incité - ou qui inciterait - à accéder à la propriété est une occasion à saisir (terrain, logement ... ). Vient ensuite le souhait de constituer un patrimoine.

Sur le plan familial, la stabilité professionnelle ou la perception d'un héritage sont les principaux facteurs d'incitation à l'acquisition d'un logement (tableau 3).

Tableau 3 : ELÉMENTS QUI ONT INCITÉ OU INCITERAIENT LES MÉNAGES À ACCÉDER À LA PROPRIÉTÉ

Eléments économiques

 

Eléments familiaux

 
Coût de la location privée

11%

Qualité de l'environnement

10%

Prêt à taux zéro

11%

Proximité d'un membre de la famille

10%

Constitution d'un patrimoine

23 %

Changement de la taille de la famille

12%

Occasion à saisir

25 %

Héritage

22%

    Situation professionnelle stable

32%

  • Le budget familial inclut parfois un large recours à l'endettement

Le budget familial est consacré en priorité à la satisfaction des besoins primaires : alimentation, logement, habillement, hygiène et soins.

Si 22 % des ménages n'ont jamais recours au crédit en dehors du logement, les autres utilisent le crédit d'abord pour l'achat d'une voiture (43 %) puis d'équipement ménagers (17 %) et mobiliers (10 %). Le crédit est obtenu par des prêts bancaires (42 %) et par l'utilisation de cartes de crédits (10 %) (tableau 4).

Tableau 4 : POUR QUELS TYPES D'ACHATS AVEZ-VOUS RECOURS AU CRÉDIT ?

Voiture

43%

Equipements ménagers

17%

Mobilier

10%

Etudes des enfants

4%

Loisirs/vacances

2%

Vêtements

2%

Autres

2%

Le taux d'endettement acceptable est estimé différemment selon les familles : 67 % pensent que le surendettement commence à 30 ou 40 % des revenus mensuels ; 33 % situent le seuil de surendettement à 50% et plus des revenus mensuels.

Si les ménages ont facilement recours au crédit, ils sont également incités à épargner (graphique 5). La première motivation de l'épargne est la crainte de l'avenir (47%) suivie de l'épargne en vue de la retraite (38 %).